Texte publié avec l’accord de Jacqueline
Peytavi
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- Dis-moi mamie, parle-moi ! Parle-moi encore ! Encore je t’en supplie ! De tout ! De rien ! De n’importe quoi ! De n’importe qui ! Que
sais-je ? De tes délires d’enfant ! Ou bien encore de tes faiblesses ! T’en souvient-il de nos soirées caresses où ton cœur débordait de tendresse et durant lesquelles je profitais
de ces moments forts pour t’avouer mes secrets ou mes craintes ? Comme de nombreuses petites filles, j’ai avalé ta bonté pendant que tu soignais mes écorchures au corps et mes blessures au
cœur ! Tu avais toujours le bon mot pour guérir tous mes maux ! Tu me faisais partager tant de douces choses que tu as embelli pour moi, jusqu'à tes propres rêves.
Tous ces souvenirs qui t’appartenaient et que tu m’as fait revivre, seconde par seconde
dans chacun de tes récits, dis-moi mamie, qu’adviennent-ils aujourd’hui ? Cette absence et ce silence si lourds que tu m’infliges sont-ils le miroir de ma propre absence, lorsque ton cœur
m’appelait et que la vie nous séparait ? Dis-moi, mamie, oublions le temps et revenons en arrière. Laisse-moi une fois encore m’asseoir à même le sol. Laisse-moi, une fois encore, poser ma
tête sur tes genoux, et, comme par le passé si tu le veux bien, j’aimerais sentir ta main frôler ma tempe et mes cheveux. Oui ! Ramène-les en arrière de ta main caressante pour mieux sentir
l’ovale de ma joue.
De ta voix profonde un peu voilée, de ton
sourire qui jouait à trouble sens et de ton élégance naturelle jamais prise en défaut, tu m'as fait rêver de terres lointaines et de tendres romances.
Ces moments qui n’appartenaient qu’à nous, où Amour rythmait avec Toujours. Nos éclats
de rire et toutes les joies que nous partagions ! Une larme ! Un sourire ! Un moindre regard et tout était dit. Pas besoin de mots entre nous, pas de maux du tout. Une
complicité ! Un échange ! Une communion ! Un partage ! Ô mamie ! Que ne t’ai-je dit plus souvent combien je t’aimais ! Que te dirais-je aujourd’hui ? Tu ne me
réponds pas ! Tu ne me réponds plus !
Écoute-moi ! Une fois encore, écoute-moi !
Tu as pris le ciel pour habitacle et le soleil pour réceptacle mais je t’envoie les
anges pour mécènes, les nuages pour corbeilles et y dépose cet infini télégramme :
" Ô mon Amour de grand-mère, je t’aime et tu me manques…tellement.
"
*Des mots simples pour dire les choses, simplement*
Bonne Fête à toutes les Grands-mères !